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L'essentiel en 30 secondes
- Le devis chiffre ce que coûte le film ; le plan de financement dit comment vous le payez. Les deux doivent être strictement équilibrés.
- Un devis se construit depuis le scénario (dépouillement, jours de tournage), jamais depuis un montant global à répartir.
- Les charges sociales s'intègrent poste par poste dès le début : leur absence est l'erreur la plus pénalisante devant une commission.
- Les lecteurs recoupent le montant, le nombre de jours de tournage et la durée : la cohérence prime sur le total le plus bas.
- Une ligne d'imprévus, souvent de l'ordre de 5 à 10 % du budget, fait partie d'un devis professionnel.
- Un devis réaliste et bien ventilé rassure davantage qu'un budget artificiellement comprimé.
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À quoi sert le budget prévisionnel
Le budget prévisionnel chiffre l'ensemble des dépenses nécessaires à la fabrication du film. Ce n'est pas un simple total : c'est la preuve que votre projet est pensé jusqu'au bout et réalisable dans les conditions annoncées. Pour une commission, le devis est un révélateur : il montre en creux si vous connaissez la réalité d'un tournage, les conventions collectives, le coût du temps.
Il est indissociable du plan de financement : le devis dit combien coûte le film, le plan de financement dit comment vous le payez. Les deux documents doivent être strictement équilibrés, au centime près. Un écart entre les deux, même minime, est le premier signal d'alerte qu'un lecteur repère, car c'est le plus facile à vérifier.
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Les grands postes du devis
Un devis de film se structure en grands postes, à peu près toujours les mêmes quels que soient le format et le guichet :
- Droits artistiques : scénario, adaptation, droits musicaux et d'archives.
- Personnel : équipe technique, réalisation, régie, avec les salaires bruts.
- Interprétation : comédiens, cachets, figuration.
- Charges sociales sur l'ensemble des salaires et cachets.
- Décors et costumes : construction, location, accessoires, HMC.
- Régie et transport : défraiements, hébergement, cantine, véhicules.
- Moyens techniques : caméra, lumière, machinerie, son.
- Pellicule ou supports et laboratoire, selon le workflow.
- Post-production : montage, étalonnage, mixage, effets, musique originale.
- Assurances et frais divers : assurance production, frais juridiques.
- Frais généraux et imprévus : structure de production et marge d'aléas.
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La méthode : chiffrer depuis le film, pas depuis un montant
L'erreur de débutant consiste à partir d'une enveloppe (« je vise 80 000 euros ») et à la répartir. Un lecteur expérimenté le détecte en quelques lignes : les montants sont ronds, les proportions génériques, rien n'est raccroché au scénario. Construisez dans l'autre sens :
- Dépouillez le scénario : listez séquence par séquence les décors, personnages, effets et besoins spécifiques. C'est le dépouillement qui détermine tout le reste.
- Déduisez le plan de travail : le nombre de jours de tournage découle du dépouillement, pas l'inverse. C'est la variable la plus structurante du budget.
- Chiffrez chaque poste au réel : devis fournisseurs quand c'est possible, grilles des conventions collectives pour les salaires.
- Appliquez les charges sociales sur l'ensemble des salaires et cachets, poste par poste.
- Ajoutez frais généraux et imprévus, souvent de l'ordre de 5 à 10 % pour les imprévus.
- Totalisez et confrontez au plan de financement : l'équilibre doit être exact, et chaque source de financement crédible.
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Ce que la commission recoupe
Les lecteurs ne jugent pas un montant dans l'absolu : ils croisent des ratios. Trois recoupements reviennent systématiquement :
- Le coût par jour de tournage : montant total rapporté au nombre de jours. Trop bas, le film paraît intournable dans des conditions professionnelles.
- Le respect des minima conventionnels : des salaires sous la convention collective ne font pas un budget serré, ils font un dossier fragile.
- L'équilibre devis / plan de financement : chaque euro de dépense doit être couvert par une ressource identifiée, et les financements annoncés plausibles au stade du projet.
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Construire son devis sur Dossier de Prod
C'est précisément pour cette étape que le module budget de Dossier de Prod existe. Là où un tableur vous laisse seul face à une page blanche, le module part de la nomenclature attendue par le guichet que vous visez et vous guide poste par poste. Il fait trois choses qu'un tableur ne fait pas.
Il applique la bonne structure d'office. Les postes correspondent à la nomenclature du guichet choisi : pas de ligne oubliée, pas de ventilation à réinventer, et le document exporté ressemble à ce que la commission a l'habitude de lire.
Il calcule ce qui doit l'être. Charges sociales associées aux salaires, sous-totaux par poste, part des imprévus : les calculs structurants sont intégrés, ce qui élimine la famille d'erreurs la plus fréquente des devis faits main.
Il vérifie la cohérence avant la commission. Le diagnostic financier confronte votre devis à votre plan de financement, signale les déséquilibres, les postes anormalement bas ou vides et les incohérences qu'un lecteur repérerait. Vous corrigez avant le dépôt, pas après le refus.
La structure du dossier reste gratuite ; le module budget et le diagnostic financier font partie des forfaits, pensés pour coûter une fraction de ce que coûte un dossier recalé pour un devis bancal.
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Les 5 erreurs qui décrédibilisent un devis
- Les salaires sans charges sociales : l'erreur éliminatoire par excellence, elle fausse tout le total.
- Le budget réparti depuis une enveloppe : montants ronds, proportions génériques, le chiffrage ne vient pas du film.
- Le déséquilibre devis / plan de financement : la vérification la plus simple à faire, donc la première faite par la commission.
- Les salaires sous les minima conventionnels : un budget serré ne justifie jamais de chiffrer sous la convention collective.
- L'absence d'imprévus : un devis sans marge d'aléas ne prouve pas votre rigueur, il prouve que vous n'avez jamais vu un tournage rencontrer un problème.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le devis et le plan de financement ?
Le devis chiffre les dépenses : ce que coûte le film, poste par poste. Le plan de financement chiffre les ressources : qui apporte quoi (apports, aides, coproductions, préventes). Les deux documents sont indissociables et doivent afficher exactement le même total.
Existe-t-il un modèle officiel de devis ?
Le CNC utilise des devis normalisés pour ses dispositifs, et plusieurs guichets fournissent leur propre formulaire ou attendent une nomenclature précise. Quand un modèle est imposé, il fait foi. C'est l'un des intérêts de construire son devis sur Dossier de Prod : la structure s'aligne sur le guichet sélectionné, et l'export sort dans le format attendu.
Combien coûte un court métrage ou un long métrage ?
Il n'y a pas de réponse unique : le coût dépend du dépouillement, du nombre de jours de tournage, de l'équipe et du niveau de fabrication, bien plus que de la durée du film. C'est pour cela que les commissions raisonnent en cohérence (coût par jour, respect des conventions) plutôt qu'en montant absolu. Méfiez-vous des moyennes trouvées en ligne : elles mélangent des réalités de fabrication incomparables.
Quelle part prévoir pour les imprévus ?
L'usage courant se situe autour de 5 à 10 % du budget, avec des variations selon les guichets et le niveau de risque du projet (extérieurs, cascades, enfants, animaux). Certains guichets encadrent ce pourcentage : vérifiez le règlement.
Peut-on faire son devis sur Excel ?
C'est possible, et beaucoup de productions le font. Les limites apparaissent au dépôt : nomenclature à reconstruire pour chaque guichet, charges sociales à calculer soi-même, aucune vérification de cohérence avec le plan de financement, et des erreurs de formule difficiles à repérer. Le module budget de Dossier de Prod automatise précisément ces quatre points.
Le devis est-il obligatoire pour une demande d'aide ?
Pour la quasi-totalité des aides à la production, oui, et il est souvent demandé dès certaines aides au développement. Chaque guichet précise les pièces financières attendues.
