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L'essentiel en 30 secondes
- La note d'intention répond à trois questions : pourquoi cette série, pourquoi vous, pourquoi maintenant.
- Elle décrit le geste (point de vue, ton, mise en scène), pas l'intrigue : le pitch et le synopsis existent déjà ailleurs.
- Une à trois pages suffisent dans la plupart des cas ; certains guichets fixent leur propre limite.
- C'est souvent la pièce la plus lue du dossier, et celle où une écriture générique se repère le plus vite.
- Le concret convainc plus que l'abstrait : une scène décrite précisément vaut mieux qu'une déclaration sur l'état du monde.
- C'est le seul document du dossier qu'aucun outil ne peut écrire à votre place : il doit sonner comme vous.
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Qu'est-ce qu'une note d'intention de série ?
La note d'intention est la pièce du dossier où l'auteur sort du récit pour parler en son nom. Le pitch vend le concept, le synopsis raconte l'histoire, la bible pose l'univers et les personnages. La note d'intention, elle, dit d'où vient le projet, ce qui le rend nécessaire et comment vous comptez le mettre en récit et en image.
C'est un texte à la première personne, subjectif par nature. C'est précisément ce qui le rend décisif : dans un dossier où tout le reste est au service de la série, la note d'intention est le seul endroit où le lecteur rencontre l'auteur. Beaucoup de lecteurs professionnels commencent d'ailleurs par elle, avant même le pitch, pour savoir à qui ils ont affaire.
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Note d'auteur, note de réalisation : de quoi parle-t-on ?
Selon les projets et les guichets, on peut vous demander une note d'intention d'écriture (la vision de l'auteur ou du showrunner), une note de réalisation (le parti pris visuel et sonore du réalisateur), ou un document qui combine les deux. Pour une série en développement, c'est le plus souvent la note d'auteur qui est attendue. Lisez le règlement du guichet ou demandez à votre producteur : envoyer la mauvaise note est une erreur plus fréquente qu'on ne le croit.
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Quelle longueur pour une note d'intention ?
Il n'y a pas de règle absolue, mais un consensus assez large : une à trois pages. En dessous d'une page, le lecteur peut douter de votre engagement. Au-delà de trois, la note se dilue et perd ce qui fait sa force, la densité d'une parole personnelle.
Certaines commissions imposent leur propre format, parfois une page unique. Le règlement du guichet prime toujours sur les usages. Et si vous avez trois pages brillantes mais que le guichet en demande une, coupez : une note resserrée est presque toujours meilleure que sa version longue.
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Ce qu'un diffuseur y cherche vraiment
La première question d'un lecteur est simple : pourquoi cette série doit-elle exister, et pourquoi est-ce vous qui devez la faire ? Une note qui répond clairement à cela part avec une longueur d'avance. Concrètement, un lecteur professionnel cherche trois choses.
Votre nécessité. Ce qui vous lie au sujet : une expérience, une obsession, une colère, une question qui ne vous lâche pas. Pas besoin d'avoir vécu l'histoire que vous racontez, mais le lecteur doit comprendre pourquoi elle vous appartient.
Votre regard. Comment vous racontez, pas ce que vous racontez : le point de vue, le ton, le rythme, ce que la série regarde et ce qu'elle laisse hors champ. Deux auteurs peuvent porter le même concept ; c'est le regard qui les distingue.
Votre lucidité. La conscience de ce qu'est votre série dans le paysage : sa case, son public, ce qu'elle apporte que les séries voisines n'apportent pas. Non pas un argumentaire marketing, mais la preuve que vous savez où vous mettez les pieds.

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Écrire sa note d'intention : la méthode en 5 étapes
L'ordre dans lequel on construit une note change tout : on part de soi, pas du projet, puis on descend vers le concret.
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1. Partez de la nécessité, pas du projet
Avant d'écrire une ligne, répondez pour vous-même à la question d'origine : qu'est-ce qui, dans votre vie, votre regard ou votre époque, rend cette série inévitable pour vous ? Si la réponse est floue, la note le sera aussi. C'est souvent le travail le plus long, et il ne se voit pas dans le document final : il s'y sent.
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2. Décrivez le geste, pas l'intrigue
La note d'intention ne répète pas l'histoire : elle dit comment vous la racontez. Le parti pris narratif (qui porte le point de vue, quelle temporalité, quel rapport au spectateur), le ton et ses ruptures, la matière visuelle et sonore si vous en avez une intuition forte. Si un paragraphe pourrait figurer dans le synopsis, il est au mauvais endroit.
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3. Ancrez chaque idée dans du concret
Les grandes déclarations convainquent moins qu'une scène décrite précisément, une image de référence, un choix assumé. « Une série sur la solitude contemporaine » ne dit rien ; décrire votre héroïne qui répète à voix haute sa commande de café avant d'entrer dans le bar, parce qu'elle n'a parlé à personne depuis trois jours, dit tout. C'est ce niveau de précision qui rend une intention crédible.
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4. Situez la série sans vous cacher derrière les références
Deux ou trois références bien choisies aident le lecteur à situer le ton. Dix références lui font douter que vous ayez un projet à vous. Et une référence n'est utile que si vous dites ce que vous en prenez et ce que vous en refusez : « entre Fleabag et Fargo » ne signifie rien sans cette précision.
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5. Réécrivez jusqu'à entendre votre voix
Premier jet, puis relecture avec une seule question : ce texte pourrait-il avoir été écrit par quelqu'un d'autre ? Chaque phrase interchangeable est à retravailler ou à couper. Lisez la note à voix haute : si un passage vous gêne à l'oral, il sonnera faux à la lecture. C'est un texte qui se réécrit beaucoup, souvent plus que sa longueur ne le laisse deviner.
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Une structure indicative (à adapter, jamais à remplir)
Il n'existe pas de plan type officiel, et une note qui suit un plan visible perd justement ce qu'on attend d'elle. Mais si vous partez d'une page blanche, cette progression fonctionne souvent :
- L'origine : la rencontre entre vous et le sujet, en une image ou une anecdote plutôt qu'en généralités.
- Le regard : ce que votre série raconte vraiment, sous l'intrigue, et le parti pris qui le porte.
- La forme : ton, structure, matière visuelle, ce que le spectateur ressentira épisode après épisode.
- L'horizon : pourquoi maintenant, pour quel public, et ce que la série peut devenir dans la durée.
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Les 5 signes d'une note d'intention qui ne fonctionne pas
- Elle résume l'histoire : le lecteur vient de lire le pitch, lui redonner l'intrigue est une occasion perdue.
- Elle pourrait signer n'importe quel projet : « je veux interroger notre rapport à l'autre », formule lisse, note oubliée.
- Elle empile les références : l'accumulation masque l'absence de vision plus qu'elle ne rassure.
- Elle surplombe au lieu d'incarner : les considérations sociologiques sans une scène concrète restent lettre morte.
- Elle sonne comme un exercice : le lecteur sent la note écrite parce qu'il le faut, pas parce que l'auteur avait quelque chose à dire.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la note d'intention et le synopsis ?
Le synopsis raconte l'histoire à la troisième personne : ce qui arrive, à qui, dans quel ordre. La note d'intention parle à la première personne de ce que l'auteur veut faire de cette histoire : pourquoi la raconter, avec quel regard, sous quelle forme. Les deux documents coexistent dans le dossier et ne doivent pas se répéter.
La note d'intention fait-elle partie de la bible ?
Le plus souvent, oui : elle en est une section, généralement placée au début ou à la fin. Certains guichets la demandent aussi comme pièce séparée. Dans les deux cas, elle se lit de façon autonome et doit tenir debout seule.
Peut-on écrire sa note d'intention avec une IA ?
L'utiliser pour vous questionner, structurer votre pensée ou repérer ce qui reste vague, oui. Lui déléguer l'écriture, c'est prendre un double risque : les lecteurs de commission repèrent de mieux en mieux la prose générique, et une note qui n'est pas de vous échoue par définition à faire entendre votre voix. C'est le principe que suit Léa sur la plateforme : elle interroge et conseille, elle n'écrit pas à votre place.
Faut-il parler de soi dans une note d'intention ?
Oui, mais au service du projet. Votre parcours n'intéresse le lecteur que là où il croise la série : l'expérience qui fonde votre légitimité, le regard que votre histoire personnelle vous donne sur le sujet. Une note d'intention n'est ni un CV ni une confession.
La note d'intention est-elle lue par les commissions du CNC et des régions ?
Oui, et elle pèse souvent lourd dans la décision, car c'est la pièce où les projets se départagent le plus nettement. Chaque guichet a ses attentes et parfois ses contraintes de format : vérifiez le règlement avant de finaliser votre note.
