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L'essentiel en 30 secondes
- La bible est souvent le premier document lu par un producteur ou un diffuseur : elle vend la vision de la série avant même le scénario.
- Une bible de présentation fait le plus souvent entre 10 et 30 pages, selon le format et l'interlocuteur.
- Elle se construit dans un ordre logique : pitch, univers, personnages, arches, saisons, séquencier, note d'intention, pilote.
- Une série se vend d'abord par ses personnages et sa promesse de durée, rarement par son intrigue seule.
- La note d'intention est souvent la pièce la plus lue : c'est là que votre voix d'auteur doit s'entendre.
- Pour un dépôt en commission, la bible s'accompagne d'un dossier complet, budget et plan de financement compris.
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Qu'est-ce qu'une bible de série ?
La bible de série est le document écrit qui pose la vision complète d'un projet : de quoi ça parle, dans quel monde, avec quels personnages, et comment l'histoire tient sur une ou plusieurs saisons. Elle sert à défendre le projet auprès des producteurs, des diffuseurs et des guichets de financement comme le CNC ou les fonds régionaux.
Son rôle est double. Sur le fond, elle doit donner envie : un lecteur professionnel se fait souvent une opinion en quelques pages. Sur la forme, elle doit prouver que le projet est pensé jusqu'au bout, que la série a de la matière pour durer et que son auteur maîtrise son univers.
Une bible confuse produit presque toujours le même effet : le lecteur décroche avant d'avoir compris l'intérêt de la série. Une bible claire, elle, projette immédiatement son lecteur dans le monde du projet.
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Bible commerciale et bible littéraire : deux documents, deux usages
La bible commerciale (ou bible de présentation) est un outil de vente. Elle va droit au but : concept, ton, personnages principaux, promesse de saison. Son objectif est de permettre à quelqu'un qui découvre le projet de saisir rapidement son potentiel. C'est ce document que vous envoyez à un producteur ou déposez à une commission.
La bible littéraire intervient plus tard, une fois la série en développement. C'est un cahier des charges détaillé destiné aux scénaristes recrutés sur la série : règles de l'univers, biographies complètes, codes de dialogue, ce qu'un personnage ferait ou ne ferait jamais. Elle garantit la cohérence entre des épisodes écrits par des mains différentes.
Ce guide traite de la bible commerciale : celle qui sert à vendre et financer votre projet.
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Combien de pages fait une bible de série ?
Il n'existe pas de norme officielle, chaque diffuseur et chaque guichet a ses habitudes. On peut toutefois retenir des ordres de grandeur couramment observés dans la profession :
- Pitch deck ou pré-bible : environ 5 à 10 pages, pour un premier contact ou un concours.
- Bible de présentation : environ 15 à 30 pages, le format le plus fréquent pour démarcher producteurs et diffuseurs.
- Bible de dépôt (aides et commissions) : vérifiez systématiquement le règlement, certains guichets imposent un plafond strict.
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Écrire une bible de série : les 8 étapes dans le bon ordre
L'erreur classique consiste à écrire la bible dans l'ordre où on la lira. Il est souvent plus efficace de la construire dans l'ordre où les éléments se déduisent les uns des autres.
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1. Le pitch : logline, promesse, résumé
C'est ce qu'on lit en premier, et souvent ce qui décide de la suite. La logline installe le protagoniste, son objectif et le conflit central en une phrase. La promesse dit ce que la série offre épisode après épisode, et pourquoi elle peut durer. Le résumé, en trois à dix lignes, donne envie de tourner la page.
Si le pitch ne fonctionne pas, le reste risque de ne pas être lu. Travaillez-le comme la vitrine de votre série, et réécrivez-le en dernier, une fois le reste stabilisé.
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2. L'univers et le ton
Le monde de la série, son atmosphère, ses règles, et surtout ce qui la rend unique. C'est ici que vous répondez à la question que tout diffuseur se pose : en quoi cette série est-elle différente de ce qui existe déjà ? Deux ou trois références comparables suffisent à situer le ton, sans masquer un manque d'identité propre.
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3. Les personnages : le moteur de la série
Une série tient par ses personnages au moins autant que par son intrigue. Un personnage solide se définit le plus souvent par quatre éléments :
- Un désir : ce qu'il veut, consciemment ou non.
- Une faille : ce qui l'empêche de l'obtenir et le rend humain.
- Des relations : les liens qui créent du conflit, donc du récit.
- Une marge d'évolution : ce qui peut changer chez lui sur plusieurs saisons.

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4. Les arches narratives
L'arche narrative est le fil rouge qui porte la série dans la durée : la question dramatique de la saison, celle de la série entière, et la façon dont les trajectoires des personnages s'y inscrivent. C'est ce qui distingue un projet de série d'un long métrage étiré. Le lecteur doit sentir que vous savez où va l'histoire, sans que tout soit verrouillé.
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5. La structure des saisons
Découpage, promesse de chaque saison, progression de l'une à l'autre. La saison 1 se détaille, les suivantes s'esquissent : quelques lignes par saison suffisent souvent à prouver le potentiel de développement. Précisez le format (nombre d'épisodes, durée) et le type de narration (feuilletonnant, bouclé ou hybride), car ces choix orientent la case de diffusion visée.
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6. Le séquencier d'épisodes
Pour la saison 1 : l'arche de chaque épisode et son pitch en quelques lignes. Le séquencier montre que la mécanique de la série fonctionne concrètement, épisode après épisode, et que la promesse du concept se renouvelle sans s'épuiser.
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7. La note d'intention : votre voix
C'est la pièce la plus personnelle, et souvent la plus lue. Le diffuseur y cherche votre nécessité : pourquoi cette série, pourquoi vous, pourquoi maintenant. C'est l'endroit qui doit sonner comme vous, pas comme un exercice. Évitez les généralités sur l'état du monde : ancrez la note dans votre rapport intime au sujet et dans votre regard de mise en récit.
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8. Le pilote
L'épisode 1 dialogué est la preuve finale : la série tient debout, le ton annoncé dans la bible existe vraiment à l'écran. Beaucoup de guichets et de producteurs le demandent avec la bible. Dans la plupart des cas, mieux vaut l'écrire après la bible : un pilote écrit sans vision d'ensemble finit souvent réécrit une fois les arches et les personnages stabilisés.
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De la bible au dossier de financement : ne négligez pas le budget
Une bible brillante ne suffit pas à décrocher une aide. Les commissions du CNC, des régions et les producteurs évaluent aussi la crédibilité économique du projet : budget prévisionnel d'écriture ou de développement, plan de financement, calendrier. Un dossier dont les chiffres ne tiennent pas fragilise même le meilleur texte, car il suggère que le projet n'a pas été pensé en conditions réelles.
Trois questions au minimum doivent trouver une réponse chiffrée dans votre dossier :
- Combien coûte le développement : temps d'écriture, consultants, résidences, frais de recherche.
- Qui finance quoi : apports, aides sollicitées, coproducteurs pressentis, part restant à trouver.
- Sur quel calendrier : les guichets vérifient la cohérence entre vos étapes d'écriture et vos demandes.
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Les 5 erreurs qui affaiblissent une bible
- Raconter l'intrigue au lieu de vendre la série : le lecteur a besoin de comprendre le potentiel, pas de tout savoir.
- Des personnages sans faille ni conflit : un protagoniste parfait génère peu de récit, donc difficilement une saison 2.
- Un concept qui s'épuise en trois épisodes : si la promesse ne se renouvelle pas, la série ressemble à un film déguisé.
- Une note d'intention impersonnelle : les formules toutes faites signalent un projet sans nécessité.
- Un document illisible ou incomplet : sans hiérarchie, en blocs compacts ou avec des pièces manquantes, le fond n'a aucune chance.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une bible et un scénario ?
Le scénario raconte un épisode, scène par scène et dialogue par dialogue. La bible présente la série dans son ensemble : concept, univers, personnages et potentiel sur plusieurs saisons. La bible se lit avant le scénario et conditionne souvent la lecture de celui-ci.
Faut-il écrire le pilote avant la bible ?
Dans la plupart des cas, non. La bible fixe la vision d'ensemble dont le pilote découle. Un pilote écrit sans bible aboutit fréquemment à une réécriture complète une fois les arches et les personnages stabilisés. Certains auteurs procèdent autrement et cela peut fonctionner, mais c'est le chemin le plus risqué.
Une bible de série doit-elle contenir des visuels ?
Ce n'est pas obligatoire, mais un document aéré avec quelques images de référence bien choisies se lit mieux qu'un bloc de texte. Attention toutefois : les visuels habillent un propos, ils ne le remplacent pas.
Peut-on déposer une bible au CNC ou dans les fonds régionaux ?
Oui, la bible est la pièce maîtresse des dossiers d'aide à l'écriture et au développement de série. Chaque guichet a ses propres exigences de format, de pièces et parfois de budget : consultez le règlement avant de finaliser votre document.
Faut-il un budget dans une bible de série ?
Pas dans la bible elle-même, qui reste un document éditorial. En revanche, la plupart des dépôts en commission exigent un budget de développement et un plan de financement en pièces jointes. Anticiper ces chiffres dès l'écriture évite les incohérences de dernière minute.
Combien de temps faut-il pour écrire une bible ?
Cela varie énormément selon la maturité du projet : de quelques semaines à plusieurs mois. Le pitch et les personnages demandent généralement le plus d'allers-retours, car ce sont eux qui déterminent tout le reste.
